04 avril 2008
Viro Major l'hommage de Victor Hugo à Louise Michel (Louise Michel Fille de la colère suite)
Viro Major
Ayant vu le massacre immense, le combatLe peuple sur sa croix, Paris sur son grabat,La pitié formidable était dans tes paroles.Tu faisais ce que font les grandes âmes follesEt, lasse de lutter, de rêver de souffrir,Tu disais : " j'ai tué ! " car tu voulais mourir.
Tu mentais contre toi, terrible et surhumaine.Judith la sombre juive, Aria la romaineEussent battu des mains pendant que tu parlais.Tu disais aux greniers : " J'ai brûlé les palais !"Tu glorifiait ceux qu'on écrase et qu'on foule.Tu criais : " J'ai tué ! Qu'on me tue ! - Et la fouleEcoutait cette femme altière s'accuser.Tu semblais envoyer au sépulcre un baiser ;Ton oeil fixe pesait sur les juges livides ;Et tu songeais pareille aux graves Euménides.
La pâle mort était debout derrière toi.Toute la vaste salle était pleine d'effroi.Car le peuple saignant hait la guerre civile.Dehors on entendait la rumeur de la ville.Cette femme écoutait la vie aux bruits confusD'en haut, dans l'attitude austère du refus.Elle n'avait pas l'air de comprendre autre choseQu'un pilori dressé pour une apothéose ;Et, trouvant l'affront noble et le supplice beauSinistre, elle hatait le pas vers le tombeauLes juges murmuraient : " Qu'elle meure ! C'est justeElle est infâme - A moins qu'elle ne soit Auguste "Disait leur conscience. Et les jugent, pensifsDevant oui, devant non, comme entre deux récifsHésitaient, regardant la sévère coupable.
Et ceux qui, comme moi, te savent incapableDe tout ce qui n'est pas héroisme et vertu,Qui savent que si l'on te disait : " D'ou viens tu ? "Tu répondrais : " Je viens de la nuit ou l'on souffre ;Oui, je sors du devoir dont vous faites un gouffre !Ceux qui savent tes vers mystérieux et doux,Tes jours, tes nuits, tes soins, tes pleurs donnés à tous,Ton oubli de toi-même à secourir les autres,Ta parole semblable aux flammes des apôtres ;Ceux qui savent le toit sans feu, sans air, sans painLe lit de sangle avec la table de sapinTa bonté, ta fierté de femme populaire.L'âpre attendrissement qui dors sous ta colère
Ton long regard de haine à tous les inhumainsEt les pieds des enfants réchauffés dans tes mains ;Ceux-la, femme, devant ta majesté faroucheMéditaient, et malgré l'amer pli de ta boucheMalgré le maudisseur qui, s'acharnant sur toiTe jetai tout les cris indignés de la loiMalgré ta voix fatale et haute qui t'accuseVoyaient resplendir l'ange à travers la méduse.
Tu fus haute, et semblas étrange en ces débats ;Car, chétifs comme tous les vivants d'ici-bas,Rien ne les trouble plus que deux âmes mêléesQue le divin chaos des choses étoiléesAperçu tout au fond d'un grand coeur inclémentEt qu'un rayonnement vu dans un flamboiement.Victor Hugo
Décembre 1871
Commentaires
je ne connaissais pas ce texte là ! il vaut le détour ! bisous du jour, christel
salut jean paul si le texte est de toi change de métier t'es un pro sinon tu est un genie d'avoir trouvé cela dans les deux cas t'est au top salut mon ami Marcel
Hé! non Marcel
Ce poème est de victor Hugo en hommage à Louise Michel. Je epnse que tout bon admirateur d'Enjolras qui se respecte doit connaître ce texte.
J'en avais entendu parler comme beaucoup, mais j'avoue heureusement que des personnes comme toi existent et réactualisent l'histoire, sinon, bien d'illustres "humbles" tomberaient dans l'oubli...
"Long trazin running"...J'adoooore ! On la reprend avec mon groupe...Bon week-end Jean-Paul !
Quel hommage formidable a Louise Michel, Victor Hugo etait un tres grand aussi bisous
Hugo-lien
Le Père Hugo c'était quand même un grand et sur fond de Doobie Brothers c'est encore mieux.
Miss 123
Il faut dire qu'il a beaucoup de rumeurs qui ont couru à propos des relations entre Victor Hugo et Louise Michel. La plus probable est que louise Michel aurait envoyés des poèmesà Victor Hugo qui l'aurait reçu connaissant le réputation de l'écrivain surnommé le vieux faune, çà se serait très mal passer après Louise Michel l'évitera aimablement.
Eegab
Cà peut sembler anachronique, je pense que Victor Hugo le fameux poète si il aurait vécu à notre époque aurait aimé le fameux groupe rock des frères pétard.
Erreur
"Disait leur conscience. Et les jugent, pensifs"
erreur de transcription qu'on trouve beaucoup sur internet: il faut écrire "les juges".
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